800 m3 constitue l’ordre de grandeur le plus souvent cité pour une éolienne en mer à embase gravitaire, notamment dans le cas du parc de Fécamp, où chaque socle offshore mobilise ce volume de béton. Cette valeur ne vaut toutefois ni pour toutes les puissances, ni pour tous les types de fondations, puisque le monopieu, le jacket ou le flottant relèvent de périmètres constructifs très différents.
Les données disponibles montrent que les écarts proviennent autant du système de fondation que du mode de publication retenu par les maîtres d’ouvrage, certains communiquant un volume en m3, d’autres une masse en tonnes, parfois avec ou sans acier intégré. La conversion standard s’appuie généralement sur une densité de 2 400 kg/m3, référence reprise par Eolise à partir d’une source ADEME Cycleco.
- ❖800 m3 par embase. Ce volume correspond à une fondation offshore gravitaire publiée pour Fécamp, et non à un standard universel applicable à tous les parcs marins.
- ❖2 400 kg/m3. Cette densité usuelle permet de convertir un volume de béton en masse, soit 1 920 tonnes pour 800 m3.
- ❖Périmètre variable. Selon les sources, les données incluent le béton seul, le ferraillage, les inclusions, l’embase complète ou l’ensemble de la fondation.
Combien de m3 de béton pour une éolienne en mer ?
Ordre de grandeur observé : autour de 800 m3 par fondation offshore
Le repère le plus explicite disponible pour une éolienne en mer française concerne le parc de Fécamp, où chaque embase gravitaire incorpore 800 m3 de béton selon UNICEM. En appliquant la densité de 2 400 kg/m3, ce volume correspond à environ 1 920 tonnes de béton, ce qui place l’ouvrage dans la même plage de masse que certaines fondations terrestres de grande puissance.
Cette valeur s’inscrit dans un ordre de grandeur techniquement cohérent pour une solution gravitaire offshore, puisque la fondation doit assurer la stabilité globale de la machine sous l’effet combiné des charges permanentes, des efforts aérodynamiques et des sollicitations hydrodynamiques. UNICEM précise par ailleurs que le parc de Fécamp couvre 60 km2 et que l’emprise des embases sur le fond marin reste inférieure à 1 % de cette surface.
Pourquoi il n’existe pas de volume unique pour toutes les éoliennes en mer
Il n’existe pas de volume universel, car la catégorie « éolienne en mer » regroupe des systèmes de fondation hétérogènes, parmi lesquels la fondation gravitaire, le monopieu, les structures treillis et les flotteurs ancrés. Chacun répond à un contexte géotechnique et bathymétrique distinct, si bien qu’un chiffre isolé en m3 ne conserve de sens qu’avec son périmètre technique.
Les sources divergent aussi parce qu’elles ne mesurent pas toujours le même objet. Certaines publient le béton coulé dans l’embase, d’autres la masse globale de la fondation, et d’autres encore un volume intégrant seulement certains éléments de génie civil. Cette dispersion apparaît déjà à terre, où les chiffres vont de 516 m3 pour une N117 de 3 MW à environ 800 m3 pour une Nordex N149 de 5 MW selon Eolise, ce qui montre la sensibilité du dimensionnement au modèle retenu.
Le volume varie-t-il selon la puissance de l’éolienne ?
Exemples de repères chiffrés selon la taille de la machine
Le volume de béton tend à croître avec la puissance, mais la relation reste indirecte, car le diamètre du rotor, la hauteur de moyeu, la classe de vent et les charges de fatigue interviennent simultanément. Pour le terrestre, Eolise indique 516 m3 pour une machine N117 de 3 MW, tandis qu’une Nordex N149 de 5 MW approche 800 m3, soit environ 1 920 tonnes.
D’autres repères confirment cette progression sans produire de loi simple. Info-éolien avance une plage de 600 à 800 m3 par éolienne terrestre de plus de 3 MW, tandis que Montcel-durable évoque une moyenne proche de 550 m3. En offshore, le passage à des machines plus puissantes peut accroître les efforts transmis à la fondation, mais l’effet du type d’assise et de la profondeur d’eau reste souvent déterminant.
Limites du simple ratio m3 par MW pour estimer une fondation
Le ratio m3 par MW fournit un indicateur de premier niveau, mais il ne suffit pas pour estimer une fondation offshore avec fiabilité. Deux machines de puissance voisine peuvent exiger des volumes très différents si leurs hauteurs, leurs rotors ou leurs conditions de site divergent. Eolise rappelle d’ailleurs que le ratio béton par MW demeure proche entre l’éolien et le nucléaire, alors qu’un barrage hydraulique mobilise un ratio environ dix fois supérieur.
Les écarts deviennent encore plus marqués lorsque les sources expriment des masses plutôt que des volumes. Le blog cité par Alternatives Économiques mentionne ainsi des fondations comprises entre 300 t et 1 500 t selon les études d’ACV, ce qui illustre la variabilité des hypothèses. Pour une estimation sérieuse, le ratio par MW doit donc rester secondaire par rapport aux données géotechniques, au concept de fondation et au cahier de charges structural.
Quelle différence en m3 entre fondation gravitaire et monopieu ?
Fondation gravitaire : le cas où le béton est central
La fondation gravitaire constitue le cas dans lequel le béton joue un rôle central, puisqu’elle assure la stabilité principalement par sa masse propre et par la répartition des charges sur le fond marin. Le cas de Fécamp l’illustre avec 800 m3 par embase, dans un dispositif retenu par la gravité. Le projet mobilise 71 éoliennes et UNICEM mentionne par ailleurs un total éditorialement présenté à 140 000 m3 de béton sous les mers.
La cohérence entre le chiffre unitaire et le total publié impose toutefois une lecture prudente, car 71 embases à 800 m3 conduisent à 56 800 m3 de béton pour les seuls socles. Le total supérieur peut refléter un périmètre plus large, incluant d’autres ouvrages maritimes ou des postes annexes. Cette différence confirme que la notion de volume de béton dépend fortement du contour exact retenu par la communication technique.

Monopieu : volumes de béton plus faibles ou non comparables selon le périmètre retenu
Le monopieu repose d’abord sur un élément métallique tubulaire enfoncé dans le sol, ce qui réduit souvent la part directement attribuable au béton si l’on considère la seule fondation primaire. Dans ce cas, comparer un volume de béton à une embase gravitaire devient méthodologiquement délicat, puisque le matériau structurel principal n’est plus identique.
Selon le périmètre adopté, la publication peut ne retenir que les bétons secondaires de transition, les ouvrages de protection ou certains éléments d’ancrage. Le résultat affiché en m3 apparaît alors mécaniquement plus faible, sans que cela signifie une fondation globalement « légère » au sens structurel. La comparaison pertinente oppose donc des systèmes complets et non des seuls volumes de béton, faute de quoi l’analyse biaise la lecture technico-économique.
Les fondations flottantes nécessitent-elles du béton ?

Cas où le béton est limité à certains éléments d’ancrage ou de ballast
Les solutions flottantes n’excluent pas le béton, mais elles en déplacent généralement l’usage vers des fonctions plus ciblées, telles que certains ancrages, des éléments de ballast ou des composants portuaires associés. Le volume de béton attaché à une éolienne en mer flottante peut donc devenir nettement moins lisible qu’avec une embase gravitaire, car la structure porteuse principale relève souvent de l’acier ou d’assemblages hybrides.
Cette configuration rend la comparaison directe en m3 encore moins robuste. Un chiffre faible de béton ne signifie pas nécessairement une réduction proportionnelle des masses totales de matériaux, puisque la part métallique augmente parallèlement. Les publications disponibles dans le corpus fourni documentent surtout les solutions terrestres et gravitaires, de sorte qu’aucun volume standardisé en m3 ne peut être retenu ici pour le flottant sans ajouter un périmètre explicite de calcul.
Comment calcule-t-on le m3 de béton pour un socle en mer ?
À partir des dimensions géométriques de la fondation
Le calcul direct repose sur la géométrie réelle de la fondation, qui peut relever d’un cylindre, d’un tronc de cône ou d’une forme composite. Pour un volume simple, la formule du cylindre s’écrit V = π × (d/2)² × h. Cette méthode reste utile pour une première estimation, mais elle suppose de connaître les dimensions effectives de l’ouvrage et d’exclure les vides, réservations et hétérogénéités de profil.
Les exemples terrestres montrent l’intérêt de cette approche dimensionnelle. Le chantier de Tôtes indique des terrassements d’environ 24 m de diamètre sur 3 m de profondeur et environ 1 400 m3 de terre excavés par fondation, alors que le béton coulé pour l’ensemble du parc atteint 1 800 m3 pour 4 fondations. L’écart entre excavation et béton rappelle que le volume excavé ne se confond jamais avec le volume structurel final.
À partir d’une masse connue avec la densité usuelle de 2 400 kg/m3
Lorsque la source publie une masse, la conversion en volume s’effectue avec la densité usuelle du béton, soit 2 400 kg/m3. Une masse de 1 920 t correspond ainsi à 800 m3, tandis qu’une masse de 1 290 t renvoie à 516 m3. Cette méthode s’aligne sur les données reprises par Eolise à partir d’une documentation ADEME Cycleco de décembre 2015.
Cette conversion suppose toutefois que la masse décrive bien le béton seul. Certaines publications intègrent partiellement l’acier, ce qui modifie immédiatement le résultat. Le cas de Tôtes illustre ce point, avec environ 48 t d’acier par fondation selon Valorem. Dès qu’un chiffre en tonnes agrège béton et ferraillage, la reconversion en m3 sans retraitement méthodologique produit une surestimation du volume de béton effectivement coulé.
Quels paramètres font varier le volume de béton en offshore ?
Type de fond marin et résultats des études géotechniques
Le premier facteur de variation reste la nature du fond marin, appréciée au moyen des investigations géotechniques réalisées en amont du dimensionnement. Portance, stratification, compressibilité et risques d’affouillement influencent directement le choix entre embase gravitaire, pieu ou solution mixte. Les sources terrestres rappellent cette dépendance au sol, avec recours possible à des pieux en béton armé de 15 m ou à des inclusions rigides, comme à Tôtes.
Sur ce chantier, trois fondations ont reçu 49 inclusions d’environ 30 cm de diamètre, ancrées entre 3 et 5 m, ce qui montre que le sol peut modifier profondément la solution retenue sans changer la machine installée. En offshore, le même principe prévaut à une échelle plus complexe, car la réponse du sol sous chargement cyclique et l’interaction avec l’environnement marin renforcent les exigences de justification.
Profondeur d’eau, charges, diamètre du rotor et efforts transmis
La profondeur d’eau influence le concept de fondation autant que la quantité de béton, car elle conditionne la faisabilité d’une embase gravitaire, les méthodes de pose et les efforts secondaires liés aux houles et courants. À puissance équivalente, une machine avec rotor plus large et hauteur supérieure transmet des moments plus élevés à l’interface fondation-tour, ce qui peut accroître le dimensionnement structurel.
Les données issues du parc de Joux-la-Ville, bien que terrestres, illustrent cette logique de chargement, avec des machines de 102 m de hauteur et un rotor de 82 m. En mer, les diamètres actuels dépassent fréquemment ces ordres de grandeur, ce qui rend hasardeuse toute extrapolation directe à partir de petits modèles. Le volume de béton dérive donc d’un jeu de charges combinées, et non d’un seul paramètre de puissance nominale.
Marges de sécurité et choix de dimensionnement
Les marges de sécurité réglementaires et contractuelles modifient aussi les volumes annoncés, puisqu’elles déterminent les sections, les épaisseurs minimales, la robustesse à la fatigue et la redondance recherchée. Deux bureaux d’études peuvent produire des fondations voisines en performance, mais différentes en masse ou en volume selon les hypothèses retenues pour les cas de charge extrêmes et le niveau de conservatisme appliqué.
Cette réalité explique pourquoi il n’existe pas de cahier des charges type pour toutes les fondations. Les études préalables s’étendent souvent sur plusieurs mois, voire plusieurs années, comme le montrent les trois années d’études mentionnées pour Joux-la-Ville par Infociments. En pratique, les valeurs publiées en m3 constituent donc des résultats de projet, non des standards normatifs directement transposables à un autre site.
Exemple concret : combien de béton pour le parc éolien en mer de Fécamp ?
800 m3 de béton par embase
Le parc de Fécamp fournit l’exemple français le plus exploitable pour répondre à la question de volume de béton par éolienne en mer. Selon UNICEM, chaque embase gravitaire contient 800 m3 de béton. Avec une densité de 2 400 kg/m3, cela équivaut à environ 1 920 tonnes par fondation, ce qui donne un repère robuste pour une lecture unitaire du projet.
Le chantier s’appuie sur une organisation industrielle précise, avec production des granulats marins lancée en juin 2020, deux centrales mobiles installées à proximité de Matériaux Baie de Seine au port du Havre et deux camions dédiés aux livraisons de granulats. Ces éléments logistiques montrent qu’un volume unitaire de 800 m3 engage une chaîne d’approvisionnement spécifique, particulièrement structurée dans le contexte portuaire offshore.
Lecture du total du parc et précautions sur les chiffres publiés
Le parc compte 71 éoliennes, ce qui conduit à un total théorique de 56 800 m3 si l’on multiplie simplement 800 m3 par embase. Pourtant, UNICEM a également diffusé une formulation faisant état de 140 000 m3 de béton sous les mers. Les deux chiffres ne s’excluent pas nécessairement, mais ils ne décrivent manifestement pas le même périmètre physique.
Cette distinction importe pour l’interprétation. Le volume de 56 800 m3 correspond aux embases unitaires annoncées, alors que le total majoré peut intégrer d’autres postes de travaux. Le projet vise une production destinée à couvrir la consommation domestique de plus de 770 000 personnes, avec un objectif annoncé de 60 % des habitants de Seine-Maritime alimentés d’ici fin 2023. Ces données énergétiques n’éclairent toutefois pas directement le seul volume de béton par fondation.
Comment interpréter correctement les chiffres annoncés en m3 et en tonnes ?
Conversion m3 ↔ tonnes sans confondre béton seul, acier et fondation complète
La lecture correcte impose de distinguer le béton seul de la fondation complète. Avec la densité de 2 400 kg/m3, 800 m3 correspondent à 1 920 tonnes, tandis que 516 m3 correspondent à 1 290 tonnes. Cette opération ne vaut que si la masse décrite concerne exclusivement le béton. Dès qu’une source ajoute l’acier, les armatures ou d’autres composants, la conversion simple perd sa validité technique.
Le chantier de Tôtes fournit un cas utile, car Valorem y annonce 1 800 m3 de béton pour 4 fondations, soit environ 4 000 tonnes, tout en mentionnant plus de 257 toupies et environ 48 t d’acier par fondation. Ce cumul de postes explique pourquoi des chiffres très proches en apparence peuvent renvoyer à des réalités matérielles différentes. La précision du périmètre précède donc toujours la comparaison chiffrée.
Pourquoi deux sources peuvent donner des valeurs différentes pour une même éolienne
Deux sources peuvent diverger sans contradiction réelle lorsqu’elles ne comptabilisent pas la même chose, qu’elles retiennent une densité différente, qu’elles arrondissent les volumes ou qu’elles incluent des bétons annexes. Les écarts peuvent aussi provenir de la date de publication, d’une mise à jour du projet ou d’une communication institutionnelle centrée sur un message agrégé plutôt que sur la donnée unitaire.
Cette prudence vaut aussi pour les comparaisons intersectorielles. Info-éolien rappelle qu’en 2020, 1 105 MW d’éolien terrestre raccordés en France ont nécessité environ 220 000 m3 de béton, soit près de 530 000 tonnes et environ 1,6 % d’une production nationale de 38 Mt. À l’échelle des grands chantiers, l’EPR de Flamanville mobilise environ 400 000 m3 et le projet CIGEO près de 6 000 000 m3, ce qui replace les chiffres de l’offshore dans une hiérarchie matérielle plus large.
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I
Confondre volume et masse. Un chiffre en tonnes ne se convertit correctement en m3 que si la masse concerne le béton seul et si la densité utilisée est explicitée. -
II
Généraliser un cas unique. Les 800 m3 observés à Fécamp décrivent une embase gravitaire offshore, et non un standard applicable au monopieu, au jacket ou au flottant. -
III
Utiliser un ratio m3 par MW comme valeur ferme. La géotechnique, la profondeur d’eau et les charges de site peuvent modifier fortement le dimensionnement à puissance identique. -
IV
Comparer des périmètres différents. Une source peut viser l’embase unitaire, une autre l’ensemble des ouvrages du parc, ce qui explique des totaux publiés non directement compatibles.
800 m3 constitue donc le meilleur repère disponible pour une éolienne en mer à fondation gravitaire documentée en France, mais ce chiffre doit toujours être lu avec le type de fondation et le périmètre exact. L’analyse la plus fiable consiste à croiser volume, masse convertie à 2 400 kg/m3 et données de site, afin d’éviter les comparaisons trompeuses entre projets offshore, terrestres et systèmes constructifs hétérogènes.
Le chiffre clé pour une éolienne en mer reste pertinent uniquement s’il précise la fondation concernée et la méthode de conversion.
La donnée exploitable n’est jamais le seul m3 affiché, mais le couple volume, type de fondation et périmètre publié.
✦ béton
❧ fondations




