OGS

L’Opération Grand Site entre les deux caps d’Erquy et Fréhel

L’opération Grand Site doit déboucher sur l’obtention du label « Grand Site de France ».

Qu’est-ce qu’un Grand Site de France ?

C’est un site exceptionnel par ses qualités paysagères, naturelles, culturelles, dont la dimension nationale est reconnue par le classement d’une partie significative au titre de la protection des monuments naturels et des sites (loi de 1930), qui attire un large public et est engagé dans une démarche partenariale de gestion durable. Il existe en France 37 Grands Sites accueillant environ 27 millions de visiteurs. Parmi eux, on peut citer la Pointe du raz, la Baie de Somme, le Pont du Gard, le Puy de Dôme, la Sainte Victoire, etc.

Il est reconnu que le territoire cap d’Erquy-Cap Fréhel répond déjà pour partie aux critères d’un Grand Site : 696 ha de sites classés (cap Erquy, cap Fréhel), 1700 ha de site Natura 2000 ; 1 600 000 visiteurs).

La phase « opération » a pour but la réalisation d’une gestion durable du territoire, compatible avec l’accueil des visiteurs qui permette le développement des activités culturelles et économiques en conciliation avec les pratiques locales. C’est la réalisation d’un programme d’actions qui doit permettre de candidater au label, lequel est porteur de notoriété, de fréquentation et de développement économique, auprès de la commission départementale puis nationale des sites et paysages (candidature envisagée en 2016…).

La démarche entreprise

L’opération OGS est réputée n’être pas imposée : ce sont les collectivités locales qui manifestent qu’elles souhaitent s’engager et formuler une demande officielle. Cette demande a été acceptée fin 2012 par le Ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie. La coordination du projet a été confiée au Syndicat Mixte des Caps, établissement public, dont le président est M. Philippe MESLAY.

Pour conduire l’opération, un comité de Pilotage a été nommé par arrêté préfectoral en mars 2013. Ce comité est co-présidé par le président du Syndicat des Caps et le Préfet des Côtes d’Armor. En font partie des administrations d’Etat, des établissements publics et des collectivités locales. Mme le Maire de Fréhel en fait partie de droit. Le 1er Comité de pilotage, en avril 2013, a procédé au lancement officiel de l’opération.

Deux Cabinets d’études ont été retenus pour conduire la démarche de diagnostic et de définition d‘un programme d’actions : INEX de Saint-Malo sur le volet « patrimoine et Maîtres des Rêves de Paris sur le volet économie et tourisme ». L’état des lieux a débuté en juillet 2013.

Un 2ème Comité de pilotage, en octobre 2013, a validé la phase 1, dite état des lieux. Un autre en février 2014 a validé la phase 2 (éléments de diagnostic et enjeux du territoire) et a créé un Comité consultatif. Ce Comité comporte en tout 71 structures dont les offices de tourisme et les associations environnementales, parmi lesquelles Fréhel Environnement.

Par ailleurs, se sont tenues deux séries de groupes de travail animées par les deux cabinets retenus, en janvier et en mai-juin 2014. En septembre 2014, le résultat des travaux de ces groupes, dit « préprogramme d’actions » a été présenté au Comité consultatif puis au Comité de pilotage en novembre 2014.

Il y a toute une communication organisée autour de cette opération : deux lettres « Grand Site », l’une en décembre 2013, l’autre en août 2014 ont été réalisées et les 16èmes rencontres annuelles des Grands Sites de France se sont tenues à Erquy début octobre 2014.

Quel a pu être le rôle de Fréhel Environnement et d’autres associations locales en 2014 ?

Le Président de Fréhel Environnement de l ‘époque, Rémi Loyer, a demandé que l’association intègre le Comité de Pilotage. Cette demande a d’abord été exprimée lors d’une rencontre avec le Président du Syndicat des Caps en janvier 2014. Elle s’appuyait sur une directive ministérielle et la pratique d’autres grands sites. En février 2014, le Préfet des Côtes d’Armor a donné une réponse négative, signalant que le Comité de pilotage avait été installé dès avril 2013, qu’il existait des groupes de travail dans lesquels faire valoir son point de vue et quun comité consultatif avait été créé associant chambres consulaires, professionnels et associations. Néanmoins, le Président de Fréhel Environnement a participé aux deux séries de groupes de travail qui se sont tenues, animées par les deux cabinets conseils. Ces groupes de travail portaient sur trois thèmes : le patrimoine, la qualité de visite et les retombées locales. Par ailleurs, Mr. Loyer avait, dès janvier 2014, élaboré une liste d’actions potentielles (film de promotion du territoire de Fréhel ; création d’une agence de développement économique des deux Caps, etc…

En 2014, des critiques récurrentes se sont faites jour portant sur le manque de réelle association de la population et des associations environnementales, et, d’autre part, sur le mode de travail des consultants : la méthode, dérivée du brainstorming a certes permis l’émission d’idées mais leur exploitation, classement et évaluation ont eu lieu en dehors des participants et aucun débat n’a été encouragé. La discussion sur la présence, devant des paysages reconnus exceptionnels, d’un gigantesque site industriel éolien a été systématiquement écartée comme ne faisant pas partie du sujet. Pourtant, le Préfet des Côtes d’Armor, sollicité sur ce point par Erquy Environnement en septembre 2014 avait répondu que les deux projets étaient portés par le même Ministère et que l’OGS, démarche partenariale, permettrait de poser le problème.

Où en sommes-nous aujourd’hui ?

Il existe un préprogramme d’action portant sur deux volets : le volet paysage – patrimoine et le volet tourisme, économie locale. Une quarantaine de fiches d’actions ont été présentées par les consultants sous forme de diaporama. Nombre de ces fiches concernent ou sont susceptibles de concerner Fréhel (citons, en particulier, « réintégrer la carrière du Routin comme un maillon du paysage littoral » ou « requalifier les itinéraires de circulation » ou encore « identifier des parcours selon le mode de locomotion ».

En 2015, ce préprogramme doit être précisé avec les acteurs locaux et les différents porteurs de projets potentiels, un plan de financement devrait être établi et des priorités fixées. De nouveaux financements pourraient être sollicités pour des projets en cohérence avec la démarche. En outre, une réunion publique d’information devrait avoir lieu.

A ce stade, les élus locaux, les associations environnementales et la population devraient être particulièrement attentifs au caractère concret des projets envisagés et à leur mode de réalisation et de financement.

Intervention Nicole Beaudlet en Assemblée Générale Fréhel Environnement, le 13 décembre 2014