Archives de l’auteur : Le président

Parc éolien en Baie de Saint-Brieuc : les raisons de la colère

Dix ans après l’appel d’offre lancé par l’Etat pour la construction d’un parc éolien en Baie de Saint-Brieuc, les résistances locales au projet n’ont fait que grandir. Le début des travaux annoncé le 3 mai attise la révolte. Retour sur un projet d’État à marche forcée. 

Article publié le 02/05/2021 par france3-regions.francetvinfo.fr

62 éoliennes de 207 mètres de haut doivent être construites à 16 km des Cap d'Erquy et Cap Fréhel labellisés "Grand site de France" pour leur nature préservée
62 éoliennes de 207 mètres de haut doivent être construites à 16 km des Cap d’Erquy et Cap Fréhel labellisés « Grand site de France » pour leur nature préservée • © Catherine Bazille
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Carambolage agricole : la FNSEA impliquée ?

Carambolage : série de heurts, de chocs entre plusieurs véhicules… ou entre plusieurs évènements ?

  • Le 2 avril, les agriculteurs de la FNSEA Grand Bassin Parisien et de Jeunes agriculteurs bloquent les routes autour de Paris pour dénoncer les orientations de la future PAC (politique agricole commune) qui prévoit de favoriser la transition du plus grand nombre d’exploitations vers des pratiques agricoles plus vertueuses. Cette manifestation est un aveu : rien ne devrait changer dans le monde merveilleux de l’agro-industrie que défend le principal syndicat agricole français.
  • Retour des ulves en baie de Saint-Brieuc, comme le montre la photo ci-dessous prise par nos amis de « Halte aux marées vertes », plage de l’Hôtellerie à Hillion ce début avril. Depuis des années, HAMV se bat contre la cause bien connue de ces pollutions : le niveau de nitrates dans les rivières. Tout le monde connait le problème, jusqu’au sommet de l’Etat mais il ne se passe rien…
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  • Vendredi 2 avril : selon Ouest-France, « entre 50 et 100 m3 de lisier ont pollué la Penzé à Taulé, près de Morlaix, de nombreux saumons, truites, anguilles sont morts. La préfecture doit décider de fermer la zone conchylicole proche. La pollution viendrait d’un élevage de porcs ».
  • Morgan Large, journaliste en Centre Bretagne au sein de Radio Kreiz Breizh (ayant témoigné notamment dans le film « Bretagne une terre sacrifiée ») a été victime d’un sabotage de sa voiture qui aurait pu lui être fatal : elle a découvert que les boulons de la roue arrière de sa voiture avaient été enlevés.

Depuis que la journaliste enquête sur les subventions accordées à l’agro-industrie en Bretagne, elle et son média ont fait l’objet de pressions et d’actes d’intimidation à plusieurs reprises. Tout comme ses collègues qui tentent de travailler également sur les questions agricoles de la région.

Ce serait une erreur de croire que tous ces évènement récents n’ont aucuns liens entre eux, et le dernier cité, même s’il n’est probablement que l’acte d’un pauvre type, est le signe de tensions malsaines. Il serait temps que les services de l’Etat cessent de fermer les yeux sur les problèmes créés par les tenants d’une agriculture intensive. Le toujours plus grand n’a pas d’avenir, pourquoi prétendre vouloir nourrir la France quand on vise les marchés américains et chinois ? Le système agricole breton tel qu’il s’est développé ces dernières années ne peut perdurer, il est temps d’arrêter de polluer les sols et les rivières, il est temps d’assainir la nature mais aussi le milieu des affaires qui aujourd’hui dirige notre agriculture. Il est temps aussi de dire à la FNSEA qu’il faut cesser de souffler sur les braises en appelant « agri-bashing » ce qui n’est que le rejet d’un système qu’elle a mis en place et qui conduit notre agriculture dans le mur. Il est temps enfin, alors que l’état de nos rivières ne cesse de se dégrader, que les pollueurs deviennent les payeurs et que soient favorisés les tenants d’une agriculture saine et d’un développement rural équilibré.

Jean-Marie Beaudlet, Président de Fréhel Environnement

Éoliennes : du rêve aux réalités

Pour compléter la vidéo ci-dessus, nous vous invitons à prendre connaissance des arguments des personnalités à l’origine du projet de documentaire d’enquête sur les éoliennes.

Si vous souhaitez participer financièrement à la réalisation et à la diffusion du documentaire ; « Eoliennes : du rêve aux réalités », cliquez ici

Massacre industriel et environnemental en Armorique

Loïk Le Floch-Prigent décrypte les enjeux du projet d’implantation d’un parc d’éoliennes en mer et revient sur différents dossiers stratégiques d’industries en Armorique.

Pendant cette période où tout le monde a les yeux fixés sur le vaccin qui pourrait nous sortir de notre torpeur collective, des décisions se prennent, des drames se précisent dans l’indifférence générale, sauf celle des premiers intéressés.

Chaque région a ses problèmes, mais il arrive que les périodes de crise voient se cristalliser des sinistres sur certains territoires, comme le font les typhons dévastateurs, c’est ce qui arrive à l’Armorique dont le centre est le Département des Cotes d’Armor, avec comme chef-lieu Saint-Brieuc. L’écosystème industriel et environnemental va jusqu’à Morlaix et Saint-Malo, c’est donc d’une partie de l’Armor dont on va parler et aussi de l’Argoat, la mer et les bois.

Depuis maintenant 8 ans le projet de parc éolien le plus cher et le plus fou du monde est orchestré par des investisseurs espagnols aidés par des élus, des administrations, des articles de presse, dans un déni de réalité ahurissant voulant transformer les contradicteurs en gens du passé poursuivant leurs intérêts particuliers.

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Parc éolien en Baie de Saint-Brieuc

Quelques raisons de s’y opposer

  • UNE POLLUTION VISUELLE, DEGRADANT LE PAYSAGE ET IMPACTANT LE TOURISME

Le projet porte sur l’installation de 62 éoliennes (avec possibilité d’extension par la suite) de 200m de haut (6 fois la hauteur du Grand Léjon), installées pour les plus proches à 17 km de la côte (28km de Binic). Pendant les tests de forage cet été, le bateau qui  effectuait les travaux était visible depuis la côte.  Les éoliennes  seront donc visibles de toute la côte de la baie de Saint-Brieuc, en particulier la nuit car elles seront équipées de lumières clignotantes.

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Eolien en mer en Baie de Saint-Brieuc : des promesses aux réalités

Depuis des années la presse se fait l’écho complaisant du discours lénifiant de notre haute administration et des industriels de l’éolien (j’ai hésité à écrire « des prédateurs de l’éolien ») en nous promettant monts et merveilles au niveau de l’emploi dans notre beau pays (dormez tranquilles, bonnes gens ! nous nous occupons de tout, la protection de la planète et l’assurance de vos emplois….)

En écrivant ce billet d’humeur j’ai sous les yeux le très beau document publicitaire édité par Iberdrola à l’occasion du Débat Public en 2015. Tout le projet y est magnifiquement décrit, suivez le guide :

(texte en noir : Ailes Marines, en bleu : commentaires Fréhel Environnement / UPEEL) : Continuer la lecture

Suite réunion préfectorale sur l’éolien en baie de St-Brieuc

Lors de la réunion « de concertation et de suivi du projet éolien en mer en baie de Saint-Brieuc » organisée le 10 juillet dernier par Messieurs le Préfet des Côtes d’Armor et le Préfet Maritime de l’Atlantique, l’Union du Penthièvre et de l’Emeraude pour l’Environnement et le Littoral (UPEEL)* était intervenue (voir déclaration dans article précédent.

Elle vient d’envoyer ce courrier au Préfet des Côtes d’Armor :

A l’intention de Monsieur le Préfet des Côtes d’Armor

1, Place du Général de Gaulle, 22023 St Brieuc

 

Fréhel, le 28 Juillet 2020

Objet : Projet éolien en baie de Saint-Brieuc

Monsieur le Préfet,

Nous vous écrivons ce courrier à la suite de la réunion que vous avez organisée le 10 juillet 2020 à propos du projet de parc éolien dans la baie de Saint-Brieuc.

Ce point de situation était bienvenu, et nous vous en remercions pour la clarté avec laquelle il a été effectué.

Nous en avons retiré une impression qui avait été magistralement formulée par Auguste Dutoeuf (fondateur d’Alsthom en 1928) : « Il y a trois manières de se ruiner…. le jeu, les femmes et les ingénieurs. Les deux premières sont plus agréables, mais la troisième est plus sûre ».

Venons-en au fait. Nous avons compris, à travers vos propos, que vous considériez que les phases de discussion en venaient à leur fin, aux points juridiques près que sont notre recours en Conseil d’Etat, et celui des pêcheurs devant les instances européennes. Ces recours étant non suspensifs, nous avons compris qu’ils ne vous préoccupaient guère.

La justice tranchera et, pour notre part, nous nous y soumettrons comme chaque citoyen doit le faire. Toutefois, l’un des principaux problèmes qui avaient motivé notre recours en Conseil d’Etat n’en demeure pas moins. L’avertissement contractuel proposé par Ailes Marines en page 2 de son « porter à connaissance », et accepté sans broncher par le Préfet des Côtes d’Armor de l’époque, prévoit que la responsabilité de l’industriel n’est absolument pas engagée concernant aucune des spécifications techniques, qu’elles soient réglementaires ou de performances, associées à la mise en place de ses machines.

La question se pose de savoir si la volonté de l’Etat est de protéger les citoyens contre les abus des industriels, ou de protéger les industriels, même lorsque c’est aux dépens des citoyens.

Prenons un exemple. La loi fait obligation à toute machine de ne pas dépasser, la nuit, un excédent sonore (appelé émergence) supérieur à 3 dB. Cet excédent est défini clairement comme la différence des niveaux sonores entre la situation en présence et en l’absence de la machine en fonctionnement.

Ailes Marines, dans son dossier basé sur des calculs dont les éléments  n’ont pas été communiqués et que nous aimerions pouvoir consulter, nous indique que cette « émergence » ne devrait pas excéder la valeur de 2 dB.

L’avertissement du porter à connaissance évoqué ci-dessus, produit par Ailes Marines au Préfet des Côtes d’Armor le 28 novembre 2017, l’avertit que « l’auteur ne saurait consentir une quelconque garantie relative à l’exactitude ou au caractère exhaustif de ce document, ni à la méthodologie employée ou à la teneur de son contenu, ni au statut du présent document ». L’Etat devra ainsi prendre en charge et payer toute transformation permettant de respecter les impératifs réglementaires, à moins qu’il ne décide de forcer l’exploitant à brider la puissance de ses machines à tout moment.

Cette situation nous apparaît comme un fort encouragement à Ailes Marines de ne pas se préoccuper de tenir ses spécifications, puisqu’il gagnerait plus d’argent à ne pas les tenir.

Bref, cette acceptation implicite de l’Etat de prendre à sa charge les corrections liées à tout écart normatif ou fonctionnel ne nous semble pas conforme à l’idée que, nous en sommes convaincus, vous comme nous, nous faisons du rôle de l’Etat en matière de protection de ses citoyens, car elle libère l’industriel et le financier qui lui est associé de toutes leurs responsabilités techniques, financières et environnementales.

Votre position précise sur ce sujet préoccupant serait de nature à nous rassurer sur la volonté de l’Etat de faire scrupuleusement respecter les normes et règlements en vigueur.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Préfet, en l’assurance de notre parfaite considération.

Jean-Marie Beaudlet

Président de l’UPEEL

 

*L’UPEEL regroupe les associations environnementales de Lancieux, St Cast le Guildo, Fréhel, Plurien, Erquy et Pléneuf-Val-André.

10ème réunion de l’instance de concertation et de suivi du parc éolien en mer en baie de Saint-Brieuc

Ce 10 juillet 2020 à 15h avait lieu cette grande réunion annuelle organisée par Messieurs les Préfets Maritime de l’Atlantique et des Côtes d’Armor, en présence, bien sûr, des représentants du consortium Iberdrola et d’Ailes Marines pour la partie éoliennes en mer, de RTE pour les liaisons 225kV, mais aussi des représentants du Conseil régional, Conseil départemental, des élus du littoral (maires et présidents d’agglomérations), des présidents des différents comités départementaux, groupes d’études, directeurs départementaux des différents services de l’Etat, et enfin, last but not least, des associations et syndicats de tous poils et de tous bords dont nous faisons partie… bref, du beau monde et en nombre. Heureusement tous n’étaient pas venus sinon, à raison d’un fauteuil sur deux nous n’aurions pas pu tenir dans la pourtant grande salle réservée par la préfecture pour cette occasion. Continuer la lecture

Lettre à Margaux

Une jeune personne soucieuse d’écologie nous ayant interrogé sur les raisons pour lesquelles nous, associations environnementales des Côtes de Penthièvre et d’Emeraude, étions opposées au projet éolien en baie de Saint-Brieuc. Cette question nous est souvent posée et nous avions déjà écrit sur ce site en novembre 2019 un article à ce sujet : http://www.frehelenvironnement.fr/le-projet-eolien-en-baie-de-st-brieuc-les-raisons-de-notre-opposition/#more-1817 .

Nous avons néanmoins souhaité une nouvelle fois répondre à cette interrogation, voici donc « La Lettre à Margaux » :

Tout d’abord, nous vous remercions pour votre lettre, car il est toujours important de se poser la question de savoir ce qui motive nos actions
L’humanité est de plus en plus nombreuse. L’énergie lui est indispensable. Par l’irrigation et le transport des marchandises, elle permet d’éviter les famines. Par la souveraineté que chaque pays a sur ses ressources énergétiques, elle évite les guerres. Par la capacité de développement de l’industrie, elle atténue la peine des hommes et participe à leur bien-être. Apprendre à en consommer moins est bien, à en consommer le moins possible est mieux et surtout nécessaire pour notre survie. Essayer d’apprendre à s’en passer est idiot car cela mène à la décroissance, et les premiers touchés seront ceux qui en ont le plus besoin pour avoir une chance de se développer. Continuer la lecture

Lettre ouverte de l’UPEEL à Monsieur Loig Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne

Objet : Projet de parc éolien en baie de Saint Brieuc, le 22 mai 2020

Monsieur le Président,

Suite à l’article paru dans le journal Ouest-France le 15 mai dernier intitulé « La Région demande à Ailes Marine de respecter ses engagements », nous souhaitons vous faire part de notre vif étonnement à la lecture de votre déclaration. En effet si nous ne pouvons qu’être d’accord lorsque vous dites que les préoccupations des marins pêcheurs doivent être « écoutées avec attention », nous nous élevons avec la plus grande force contre les affirmations suivantes :

• « Le projet est incontournable pour l’avenir énergétique de la Bretagne et pour lancer, enfin, la filière des énergies marines renouvelables que notre région attend depuis si longtemps. » Nous espérons en effet que l’avenir énergétique de la Bretagne ne dépend pas de ce projet qui ne suffira à alimenter que 300 à 400 000 foyers, sans le chauffage (1) et à condition qu’il y ait suffisamment de vent ! Quant à la « filière des énergies marines », vous êtes sans doute mal informé : même à l’échelle de notre pays cette filière promise depuis plus de dix ans s’est réduite comme peau de chagrin avec la disparition de Technip et de Areva du groupement Ailes Marines. Continuer la lecture