Archives de l’auteur : Le président

Eolien en mer en Baie de Saint-Brieuc : des promesses aux réalités

Depuis des années la presse se fait l’écho complaisant du discours lénifiant de notre haute administration et des industriels de l’éolien (j’ai hésité à écrire « des prédateurs de l’éolien ») en nous promettant monts et merveilles au niveau de l’emploi dans notre beau pays (dormez tranquilles, bonnes gens ! nous nous occupons de tout, la protection de la planète et l’assurance de vos emplois….)

En écrivant ce billet d’humeur j’ai sous les yeux le très beau document publicitaire édité par Iberdrola à l’occasion du Débat Public en 2015. Tout le projet y est magnifiquement décrit, suivez le guide :

(texte en noir : Ailes Marines, en bleu : commentaires Fréhel Environnement / UPEEL) : Continuer la lecture

Suite réunion préfectorale sur l’éolien en baie de St-Brieuc

Lors de la réunion « de concertation et de suivi du projet éolien en mer en baie de Saint-Brieuc » organisée le 10 juillet dernier par Messieurs le Préfet des Côtes d’Armor et le Préfet Maritime de l’Atlantique, l’Union du Penthièvre et de l’Emeraude pour l’Environnement et le Littoral (UPEEL)* était intervenue (voir déclaration dans article précédent.

Elle vient d’envoyer ce courrier au Préfet des Côtes d’Armor :

A l’intention de Monsieur le Préfet des Côtes d’Armor

1, Place du Général de Gaulle, 22023 St Brieuc

 

Fréhel, le 28 Juillet 2020

Objet : Projet éolien en baie de Saint-Brieuc

Monsieur le Préfet,

Nous vous écrivons ce courrier à la suite de la réunion que vous avez organisée le 10 juillet 2020 à propos du projet de parc éolien dans la baie de Saint-Brieuc.

Ce point de situation était bienvenu, et nous vous en remercions pour la clarté avec laquelle il a été effectué.

Nous en avons retiré une impression qui avait été magistralement formulée par Auguste Dutoeuf (fondateur d’Alsthom en 1928) : « Il y a trois manières de se ruiner…. le jeu, les femmes et les ingénieurs. Les deux premières sont plus agréables, mais la troisième est plus sûre ».

Venons-en au fait. Nous avons compris, à travers vos propos, que vous considériez que les phases de discussion en venaient à leur fin, aux points juridiques près que sont notre recours en Conseil d’Etat, et celui des pêcheurs devant les instances européennes. Ces recours étant non suspensifs, nous avons compris qu’ils ne vous préoccupaient guère.

La justice tranchera et, pour notre part, nous nous y soumettrons comme chaque citoyen doit le faire. Toutefois, l’un des principaux problèmes qui avaient motivé notre recours en Conseil d’Etat n’en demeure pas moins. L’avertissement contractuel proposé par Ailes Marines en page 2 de son « porter à connaissance », et accepté sans broncher par le Préfet des Côtes d’Armor de l’époque, prévoit que la responsabilité de l’industriel n’est absolument pas engagée concernant aucune des spécifications techniques, qu’elles soient réglementaires ou de performances, associées à la mise en place de ses machines.

La question se pose de savoir si la volonté de l’Etat est de protéger les citoyens contre les abus des industriels, ou de protéger les industriels, même lorsque c’est aux dépens des citoyens.

Prenons un exemple. La loi fait obligation à toute machine de ne pas dépasser, la nuit, un excédent sonore (appelé émergence) supérieur à 3 dB. Cet excédent est défini clairement comme la différence des niveaux sonores entre la situation en présence et en l’absence de la machine en fonctionnement.

Ailes Marines, dans son dossier basé sur des calculs dont les éléments  n’ont pas été communiqués et que nous aimerions pouvoir consulter, nous indique que cette « émergence » ne devrait pas excéder la valeur de 2 dB.

L’avertissement du porter à connaissance évoqué ci-dessus, produit par Ailes Marines au Préfet des Côtes d’Armor le 28 novembre 2017, l’avertit que « l’auteur ne saurait consentir une quelconque garantie relative à l’exactitude ou au caractère exhaustif de ce document, ni à la méthodologie employée ou à la teneur de son contenu, ni au statut du présent document ». L’Etat devra ainsi prendre en charge et payer toute transformation permettant de respecter les impératifs réglementaires, à moins qu’il ne décide de forcer l’exploitant à brider la puissance de ses machines à tout moment.

Cette situation nous apparaît comme un fort encouragement à Ailes Marines de ne pas se préoccuper de tenir ses spécifications, puisqu’il gagnerait plus d’argent à ne pas les tenir.

Bref, cette acceptation implicite de l’Etat de prendre à sa charge les corrections liées à tout écart normatif ou fonctionnel ne nous semble pas conforme à l’idée que, nous en sommes convaincus, vous comme nous, nous faisons du rôle de l’Etat en matière de protection de ses citoyens, car elle libère l’industriel et le financier qui lui est associé de toutes leurs responsabilités techniques, financières et environnementales.

Votre position précise sur ce sujet préoccupant serait de nature à nous rassurer sur la volonté de l’Etat de faire scrupuleusement respecter les normes et règlements en vigueur.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Préfet, en l’assurance de notre parfaite considération.

Jean-Marie Beaudlet

Président de l’UPEEL

 

*L’UPEEL regroupe les associations environnementales de Lancieux, St Cast le Guildo, Fréhel, Plurien, Erquy et Pléneuf-Val-André.

10ème réunion de l’instance de concertation et de suivi du parc éolien en mer en baie de Saint-Brieuc

Ce 10 juillet 2020 à 15h avait lieu cette grande réunion annuelle organisée par Messieurs les Préfets Maritime de l’Atlantique et des Côtes d’Armor, en présence, bien sûr, des représentants du consortium Iberdrola et d’Ailes Marines pour la partie éoliennes en mer, de RTE pour les liaisons 225kV, mais aussi des représentants du Conseil régional, Conseil départemental, des élus du littoral (maires et présidents d’agglomérations), des présidents des différents comités départementaux, groupes d’études, directeurs départementaux des différents services de l’Etat, et enfin, last but not least, des associations et syndicats de tous poils et de tous bords dont nous faisons partie… bref, du beau monde et en nombre. Heureusement tous n’étaient pas venus sinon, à raison d’un fauteuil sur deux nous n’aurions pas pu tenir dans la pourtant grande salle réservée par la préfecture pour cette occasion. Continuer la lecture

Lettre à Margaux

Une jeune personne soucieuse d’écologie nous ayant interrogé sur les raisons pour lesquelles nous, associations environnementales des Côtes de Penthièvre et d’Emeraude, étions opposées au projet éolien en baie de Saint-Brieuc. Cette question nous est souvent posée et nous avions déjà écrit sur ce site en novembre 2019 un article à ce sujet : http://www.frehelenvironnement.fr/le-projet-eolien-en-baie-de-st-brieuc-les-raisons-de-notre-opposition/#more-1817 .

Nous avons néanmoins souhaité une nouvelle fois répondre à cette interrogation, voici donc « La Lettre à Margaux » :

Tout d’abord, nous vous remercions pour votre lettre, car il est toujours important de se poser la question de savoir ce qui motive nos actions
L’humanité est de plus en plus nombreuse. L’énergie lui est indispensable. Par l’irrigation et le transport des marchandises, elle permet d’éviter les famines. Par la souveraineté que chaque pays a sur ses ressources énergétiques, elle évite les guerres. Par la capacité de développement de l’industrie, elle atténue la peine des hommes et participe à leur bien-être. Apprendre à en consommer moins est bien, à en consommer le moins possible est mieux et surtout nécessaire pour notre survie. Essayer d’apprendre à s’en passer est idiot car cela mène à la décroissance, et les premiers touchés seront ceux qui en ont le plus besoin pour avoir une chance de se développer. Continuer la lecture

Lettre ouverte de l’UPEEL à Monsieur Loig Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne

Objet : Projet de parc éolien en baie de Saint Brieuc, le 22 mai 2020

Monsieur le Président,

Suite à l’article paru dans le journal Ouest-France le 15 mai dernier intitulé « La Région demande à Ailes Marine de respecter ses engagements », nous souhaitons vous faire part de notre vif étonnement à la lecture de votre déclaration. En effet si nous ne pouvons qu’être d’accord lorsque vous dites que les préoccupations des marins pêcheurs doivent être « écoutées avec attention », nous nous élevons avec la plus grande force contre les affirmations suivantes :

• « Le projet est incontournable pour l’avenir énergétique de la Bretagne et pour lancer, enfin, la filière des énergies marines renouvelables que notre région attend depuis si longtemps. » Nous espérons en effet que l’avenir énergétique de la Bretagne ne dépend pas de ce projet qui ne suffira à alimenter que 300 à 400 000 foyers, sans le chauffage (1) et à condition qu’il y ait suffisamment de vent ! Quant à la « filière des énergies marines », vous êtes sans doute mal informé : même à l’échelle de notre pays cette filière promise depuis plus de dix ans s’est réduite comme peau de chagrin avec la disparition de Technip et de Areva du groupement Ailes Marines. Continuer la lecture

Un moratoire sur les épandages de pesticides près des habitations est une nécessité sanitaire et morale

« Nous voulons des Coquelicots », TRIBUNE – Coronavirus, 19/04/2029

Le Covid-19 peut voyager sur des microparticules, dont celles de pesticides, affirment, dans une tribune au «Monde», le mouvement Nous voulons des coquelicots, opposé aux produits phytopharmaceutiques, et son président, Fabrice Nicolino. Une raison supplémentaire, selon eux, de décréter un moratoire sur leur épandage.

Tribune. Il y a un mystère des pesticides, et il est bien gardé. Mais ce n’est pas un mystère pour qui sait dépouiller des centaines de textes dispersés aux quatre vents que personne ne trouve intérêt à rassembler. Les pesticides de l’agriculture industrielle jouent-ils un rôle important dans la propagation du coronavirus? Tristement, mais certainement, la réponse est oui. Continuer la lecture

REFONTE DE LA POLITIQUE AGRICOLE COMMUNE

A l’heure des débats sur la nouvelle Politique Agricole Commune (PAC) à Bruxelles et de l’élaboration de sa déclinaison nationale (le Plan Stratégique National), les propositions qu’André Pochon a élaborées pour la commission mise en place au niveau national nous paraissent devoir être connues. AP indique les moyens concrets d’assurer la transition de l’agriculture vers un modèle plus autonome, plus économe et plus durable. C’est, en somme, le modèle de l’agro-écologie que le Ministre Stéphane Le Foll avait essayé, comme André Pochon, de promouvoir.

Les propositions de celui-ci ont été endossées par une association environnementale départementale, Vivarmor Nature (dont André Pochon est l’expert et le porte-parole agricole) et déposée par cette association auprès de la Commission Nationale du Débat Public (CNDP), qui reçoit les contributions à la consultation publique « imPACtons ». On peut ainsi consulter en ligne les trois pages de deux « cahiers d’acteurs » actuellement déposés: celui de la FNSEA et celui de Vivarmor.

Il est édifiant de comparer les deux. Continuer la lecture

EOLIEN. Tarifs garantis, l’argent de la honte

Lettre de la Fédération Environnement Durable
lundi 30 mars 2020 16:24

Des promoteurs éoliens osent se vanter de continuer à gagner de l’argent grâce aux tarifs de l’électricité qu’ils vendent à EDF à des prix garantis sur 15 ans ( et exorbitants compte tenu des conditions actuelles du marché)

Voici la remarquable réponse sous forme de  » tribune-lettre » de Michel Faure, polytechnicien, à la tribune hors-sol de son camarade, florissant promoteur éolien qui a osé écrire dans le journal les échos du 26 mars 2020 :

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La transition énergétique, un piège bien huilé

Le programme éolien français est sans intérêt pour le climat, très coûteux, dommageable pour l’environnement et irrespectueux du droit. Comment expliquer son statut de priorité nationale ?

La « transition énergétique » va nous permettre à la fois de sortir du nucléaire, de ne plus dépendre du pétrole et du gaz, de lutter efficacement contre le changement climatique et d’engager une décentralisation de la production d’énergie. Tels sont les quatre arguments développés par les promoteurs des énergies renouvelables un peu partout dans le monde. Le concept est né en Allemagne au lendemain du deuxième choc pétrolier (1979). Là-dessus est arrivée la crainte du réchauffement climatique, devenu un enjeu mondial à partir de 1992 (sommet de Rio). Continuer la lecture

La Cour des comptes alerte sur le coût des EnR

Voulez-vous frémir ? Devant une somme d’argent faramineuse. D’argent public. Dont la finalité est fortement controversée ? En voici une, piochée dans le dernier rapport de la Cour des comptes. Un rapport sur «le soutien aux énergies renouvelables». Ce chiffre ? 121 milliards d’euros. Il est inéluctable. Il représente en effet uniquement le montant du soutien public auquel s’est engagé L’État par les contrats signés avant 2017 au bénéfice des producteurs d’électricité d’origine éolienne et photovoltaïque (plus un chouïa de bio-méthane). Continuer la lecture