L’éolien en mer, le grand gaspillage ?

L’éolien en mer est la solution miracle apportée par l’Etat pour répondre à la transition écologique. Cependant elle pose de nombreux problèmes économiques et environnementaux. L’exemple du parc éolien au large de la baie de Saint-Brieuc est un bon exemple de la gabegie de l’éolien maritime.

La transition énergétique est l’un des enjeux majeur du XXIème siècle. Preuve en est, l’apparition dans de nombreux programmes politiques de moyens de la mettre en œuvre. Le gouvernement actuel a fait le choix de l’éolien pour les quarante prochaines années. Sur le territoire terrestre Français il est particulièrement complexe d’implanter de l’éolien en mer. la faute à des démarches administratives interminables. C’est donc vers la mer que s’est tourné l’Etat, pour espérer atteindre les 40% d’énergie renouvelable en 2030 fixés par la loi de transition énergétique. Cet objectif sera probablement atteint mais à quel prix ?

2017-05-31 parc éolien en mer du Nord

Parc éolien en mer du Nord

Le projet de parc éolien en mer le plus abouti à l’heure actuelle est probablement celui qui devrait normalement voir le jour d’ici à 2020 dans la baie de Saint-Brieuc. Mais il n’est pas le  seul. Deux autres parcs similaires sont à l’étude, en Normandie et dans le Nord Pas de Calais. Cette idée de l’éolien séduit depuis toujours. Une énergie qui serait propre, économique et qui aurait des impacts limités sur la faune, la flore et le paysage. Mais la réalité est bien moins rose que ce que les services de communication de l’Etat essaient de nous faire avaler discrètement.

Il faut voir dans ces projets le caractère symbolique qu’ils portent en termes de transition écologique. C’est pour cela qu’il sont aussi médiatiques. L’éolien est un accélérateur politique, pour écolo convaincu. C’est même plus que cela car cette solution « miracle » arrive à mettre d’accord les écolos convaincus et les libéraux acharnés, qui voient en ce projet l’expression parfaite de la soutenabilité faible. Alors l’éolien offshore est-il une solution d’avenir ?

L’écologie à grand frais

L’éolien en France, qu’il soit marin ou terrestre apparaît comme deux à trois fois plus onéreux que l’énergie nucléaire française. Comparé à l’éolien européen, les coûts sont multipliés par quatre. La France est le pays européen qui possède le plus grand parc nucléaire. A ce titre, toutes les énergies alternatives sont comparées au coût de l’électricité tirée du nucléaire. Mais l’Etat français ne prend pas en compte dans ces calculs le coût du démantèlement des centrales usagées, ce qui fait automatiquement augmenter le coût de production de l’énergie
nucléaire. Il faudrait donc prendre en compte ce dernier pour rétablir une certaine équivalence.

2017-05-31 EDF les différentes sources d'énergie

Un problème bien plus mathématique fait grimper les prix de l’éolien en flèche. Durant la fin des années 90, alors que le développement durable était à ses prémices, l’éolien est apparu comme la solution miracle. Il est donc devenu le cheval de bataille des différents ministres de l’écologie successifs. Les projets de parcs éoliens ont été mis en route avec la volonté d’imiter ce qu’avait fait nos voisins danois ou espagnols, à savoir des champs d’éoliennes immenses. Face à cela de nombreux collectifs et associations se sont érigés sur la route de ces parcs. En cause, l’altération du paysage. Pour parer à cela, l’Etat a pris la décision que ne seraient pas construits des parcs de plus de 10 éoliennes. Les coûts ont donc été étalés et il a été impossible pour les prestataires de réaliser des économies d’échelles.

L’Etat s’est donc tourné vers la mer, sur laquelle il était plus simple de faire de grand parcs. Mais du fait des conditions particulièrement hostiles en mer, les coûts d’installation et de production ont explosé. On est passé de 82 € le MW/h pour de l’éolien terrestre à 222  € le MW/h pour de l’éolien en mer, selon un rapport d’enquête publique mené par la préfecture des côtes d’armor. Autrement dit c’est une énergie qui est certes propre mais qui cherche encore sa rentabilité. Enfin, l’éolien est particulièrement fragile, la durée de vie moyenne d’une éolienne est de 40 ans à terre, ce qui pourrait permettre un retour sur investissement, mais en mer, du fait de l’érosion, des vents et des courants, la durée de vie est divisée par deux. Ce qui veut dire que les 222€ par MW/h sont fortement sous-estimé car ils ne prennent pas en compte le renouvellement d’éolienne tous les 20 ans.

2017-05-31 Réprtition des coûts

Répartition des coût d’une éolienne en mer

L’économie Armoricaine en danger

Le monde de la pêche est également menacé directement par ce projet. En effet de nombreux effets indésirables risquent de perturber fortement la ressource halieutique, selon le comité départemental des pêches maritimes et des élevages marins des côtes d’Armor. Les pêcheurs armoricains sont particulièrement inquiet quand à leur avenir professionnel car de nombreuses questions restent en suspend. Ainsi ils ne savent pas encore si les câbles inter éolienne seront ensouillés et si oui de quelle façon. Car Sans ensouillage, la zone ne serait plus draguable et la pêche de la principale ressource locale, la coquille saint Jacques, serait également impossible. Au sujet de l’ensouillage, la société Ailes Marines propose d’utiliser une charrue. Mais cet outil soulève des quantités de sédiments conséquentes rendant l’eau turbide et faisant fuir les poissons et les crustacés.

 Nous ne pouvons pas dire que nous sommes farouchement opposé à ce projet, mais nous avons encore de très nombreuses craintes sur l’avenir de notre métier. Certains éléments de mise en oeuvre de ce projet ne sont pas soutenable.

Gregory le Droumaguet, chargé de mission à la CDPMEM22

Le parc éolien Au large de Saint-Brieuc pose un problème économique directe car il réduirai de 20 % la zone de pêche actuelle. Les pêcheurs se sont exprimés en opposition à ce projet qui réduirai considérablement leurs gains. L’éolien en mer n’est donc pas la solution miracle que dépeint l’Etat à grand coup de campagne de communication. C’est un sujet particulièrement complexe qui mobilise de nombreux acteur et dans lequel rentre en compte de nombreux paramètres, qui ne peuvent être réduit à la transition énergétique.

Source : http://www.worldzine.fr/2017/05/26/leolien-en-mer-le-grand-gaspillage/

Eau rage, eau désespoir

L’eau est le support universel de toutes les formes du vivant, sa qualité se décline en chaque lieu en fonction des spécificités locales. Globalement, en Bretagne comme ailleurs, la situation se dégrade avec l’augmentation de la population et celle des activités économiques. Tout le monde le constate et le déplore ; mais le caractère multi-causal fait que chacun peut le reprocher aux autres. Que peut faire une petite association locale pour améliorer les choses ?

L’identité bretonne est marquée par la coexistence d’intenses activités de la terre (agriculture et élevage…), et de la mer (pêche, conchyliculture, ostréiculture,… stations balnéaires). Les contraintes associées à chacune de ces activités les rendent parfois difficilement conciliables ; pourtant, il le faut, dans le respect de la qualité de l’environnement pour chacun et pour tous. Continuer la lecture

L’autorisation environnementale unique

Lorsque le Syndicat des Energies Renouvelables et France Energie Eolienne se félicitent, nous, ça nous inquiète…

Actu Environnement, 

L’autorisation environnementale unique devrait conforter la dynamique de la filière éolienne

Les professionnels de l’éolien attendent beaucoup de la réforme de l’autorisation environnementale unique entrée en vigueur le 1er mars. A la clé ? Simplification des procédures, réduction des délais d’instruction et sécurisation juridique.                       Energie | 03 mars 2017 | Laurent Radisson

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Actualité du marché européen de l’électricité

Commission des affaires européennes, extraits du compte-rendu de la réunion du 12 juillet 2016, chacun prêchant pour sa paroisse…

https://www.nosdeputes.fr/14/seance/6947

François Brottes, président du directoire de Réseau de transport d’électricité
L’Europe de l’électricité connaît actuellement une transformation radicale, du fait notamment de la multiplication des modes de production et des différents types de consommation. Nous sommes dans une période de turbulences, qui se traduit par la baisse régulière des prix spot : en mai, le prix moyen de la base était de 24 euros le mégawattheure contre 42 euros pour l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (ARENH) – jamais nous n’aurions pensé, à l’époque où nous avons voté le dispositif, que les prix de marché puissent être en dessous du prix de l’ARENH. Il y a eu, par ailleurs, deux épisodes de prix négatifs en France au cours de ce même mois, tandis qu’en Allemagne, les prix ont atteint la valeur de moins 140 euros le mégawattheure la semaine dernière. Continuer la lecture

Le rapport de la commission d’enquête sur l’éolien en Baie de St Brieuc est-il objectif ?

A propos du rapport de la commission d’enquête sur le parc éolien en baie de Saint-Brieuc, et de certaines  inexactitudes, involontaires ?

Tout d’abord un bref extrait du rapport :

« Projet de construction d’un parc éolien en mer en baie de Saint-Brieuc  

Enquête publique unique du 4 aout 2016 au 29 septembre 2016  Arrêté Inter-Préfectoral du 5 juillet 2016

PARTIE 2 – Conclusions et avis    …………………

2-3.  Conclusions et avis de la commission d’enquête

2-3.1 Conclusions et avis sur la demande d’autorisation d’utiliser le domaine public maritime  ………………… Continuer la lecture

Il faut sauver la Loi Littoral

Deux amendements adoptés par les sénateurs le 11 janvier 2017 ouvrent la possibilité de déroger au principe de l’urbanisation en continuité de la loi Littoral et permettent les extensions d’urbanisation sans continuité avec les agglomérations et villages existants. Qu’il s’agisse de construction d’habitations sur des parcelles dans des hameaux ou de construction d’annexes sur leurs franges , ou, pire encore, de création de zones d’activités économiques en pleine nature, ces dispositions vont favoriser de nouveau le mitage et l’urbanisation diffuse.

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La première éolienne en mer française mise en service avant la fin de l’année

Le Parisien, 10 janvier 2017,

Après avoir raté le coche de l’éolien offshore, la France rattrape son retard sur l’éolien flottant : la première turbine française sera mise en service avant la fin de l’année au large du Croisic (Loire-Atlantique), le septième démonstrateur de ce type au monde. Continuer la lecture

Engie abandonne son projet de ferme hydrolienne au raz Blanchard

Ouest France, Modifié le 06/01/2017 à 19:00 | Publié le 06/01/2017 à 18:26

Engie est l’un des leaders mondiaux de l’énergie. | JACKY NAEGELEN/Reuters

Le groupe énergétique Engie a indiqué vendredi avoir décidé d’abandonner son projet de ferme pilote hydrolienne dans le raz Blanchard, où les courants de marée sont parmi les plus forts en Europe, en raison du défaut d’un fournisseur. Continuer la lecture

Les projets hydroliens peinent à démarrer dans l’Hexagone

Les Echos, Anne Feitz, Véronique Le Billon, 9/01/2017

General Electric a stoppé le développement de sa turbine, contraignant Engie à arrêter son projet au raz Blanchard. Les deux hydroliennes d’ EDF et DCNS doivent être réparées en raison de problèmes de corrosion.
Douche froide sur les ambitions de la France dans l’hydrolien, cette technologie qui utilise les courants marins pour produire de l’électricité. Continuer la lecture

Quand le contribuable français finance l’industrie étrangère

Par TV83 Info, 26/09/2016

Au pays du mistral la réflexion de Loïk Le Floch-Prigent nourrit la réflexion nécessaire à chacun. Merci à lui de nous donner ce texte.

« La grandiose performance de notre « Etat stratège » conduira le contribuable français à subventionner General Electric et Siemens pour fabriquer des éoliennes, dont, par ailleurs, il n’existe aucune certitude sur la faisabilité … Continuer la lecture